Titre
Le sabre et la nuit : performer l’intime dans l’espace public
Thème
Se tenir debout, respirer, ouvrir la bouche et plonger dans l’obscurité. Le peuple Dioula raconte que le passage de l’enfance à l’âge adulte se fais en pénétrant le « bois sacré ». Personne ne sait ce qui se joue dans ce bois, si ce n’est qu’on y entre, et qu’on en sortira initié. Ce passage cérémoniel appelé BUKUT est réservé aux garçons. L’art de la performance puise sa force dans l’instant présent, dans l’articulation entre maitrise et libre circulation d’une énergie indomptable. En tant qu’afro-descendante, je souhaite partager une approche intense et à la fois subtile de ce qu’est le travail d’incarnation, lié pour moi à nos ancêtres, nos blessures et nos obscurités. Formée entre l’Inde, le Japon, le Canada et la France, je propose de partager ma vison de c’est qu’est l’art de performer nos obscurités, de les rendre partageables dans, avec et pour l’espace public.
Objectif
Il sera ici question pour chaque participant·e de mettre le doigt sur une thématique personnelle et d’en élaborer les contours performatifs. Quelle nécessité nous y pousse ? Quelle pertinence avec l’espace public ? En quoi est-ce partageable ? Après plusieurs tentatives, chaque performeur·euse présentera son acte en public lors du festival La Plage Des Six Pompes. L’enjeu sera également d’acquérir de outils liés au corps, à la voix et au texte dit (ORALITURE) puisque seront mis en place des moments individuels de direction de performeur·euse.
Approche pédagogique
- Identifier en soi une urgence, une nécessité partageable. Réussir à en parler, réussir à écouter et accueillir celle des autres en vue d’un travail artistique
- Pouvoir performer en corps à corps avec une directrice de la performance (performance instantanée, pédagogie psychocorporelle)
- Élaborer une dramaturgie contextuelle
- Travailler en extérieur à la vue d’un public non convoqué
- Écrire un acte performatif et le vivre en public lors d’un festival
- Maitriser des outils d’interaction avec le public
- Découvrir et utiliser des protocoles de direction de performance en espace public
- Travailler en binôme et accompagner ses partenaires dans l’élaboration d’un acte aussi personnel (initiation à la direction de performeur·euse)
Préparations et besoin spécifiques
- Plusieurs tenues en vue de travailler dehors dans des contextes variés
- Apporter des vêtements qui ont une histoire pour vous, des accessoires que vous aimez personnellement car ils appartenaient ou appartiennent à des membres de votre famille, des ami·e·s cher·ère·s, ou parce qu’ils vous renvoient à une période de votre vie etc.
- 2 livres minimum (plus si vous le souhaitez) dont les textes vous appellent particulièrement
- 1 petite enceinte autonome
- 1 casque audio (Bluetooth ou avec le support d’écoute si c’est filaire)
- Venir avec une vidéo, un audio ou une lettre contenant une description, une présentation de qui vous êtes comme personne, pour et par la personne de votre choix. Si c’est une lettre, vous ne pouvez pas la lire, si c’est une vidéo ou un extrait audio vous devez demander à la personne de me l’envoyer par mail à l’adresse suivante : pinaa.wwood@gmail.com, au plus tard le premier jour de la formation. Ce qui me sera transmis ne sera ni lu, ni vu, ni écouté. Je vous les transmettrai le moment voulu.
Infos pratiques
- Formatrice : Pina Wood
- Public : Dès 16 ans, sous réserve de pouvoir justifier d'une forte motivation, ainsi qu'une expérience dans le domaine des arts vivants
- Durée : 30 heures
- Dates : du lundi 3 au vendredi 7 août 2026
- Horaire : L'horaire est encore à définir (en journée)
- Les horaires de fin de journée peuvent varier, merci de nous signaler si cela pose un problème
- Lieu : Le Pantin, rue de la Ronde 5, 2300 La Chaux-de-Fonds
- Prix : 650 CHF
- Pour s'inscrire : https://www.cchar.ch/formation.html
Biographie
"Pina Wood est metteuse en scène, dramaturge, directrice de performeur·euses et poétesse. Elle utilise l’ORALITURE, ce qui signifie qu’on doit lire ses textes à voix haute. Elle précise que c’est mieux si l’on monte sur une table et qu’on fait trinquer l’assistance. Pina vit entre Marseille et Forcalquier. Elle aime Robert Filliou, June Jordan, Starhawk, Audre Lorde, Monique Wittig, Antoine Volodine, les fautes d’orthographe et les hydrolats floraux. Artiste polymorphe, elle investit l'espace public depuis 2015, avec en bouche et en gorge ce qu’elle nomme Anthropopoésie. Elle s’intéresse à la radio et à la musique improvisée. Elle ne fabrique pas des spectacles, mais des dispositifs où spectateur·rice et performeur·euse participent, ensemble, à la remise en question des normes spectaculaires. La voix pour elle est un outil sacré qu'on apprend à manier comme un sabre ! Artiste associée à la Faiar (Formation Supérieure d’Art en Espace Public), elle collabore notamment avec le Ballet National de Marseille et l’artiste Maryam Kaba (Afro Vibes), ou encore avec les artistes circassiennes Mouna Nemri (Cie LA NOUR) et Eva Ordonnez (Cirque Pardi) et accompagne des porteur·euse·s de projet queer, neuroatypiques et racisé·e·s.
- Programme des formations 2026 du CCHAR (65.13 Ko)
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